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Elections présidentielles françaises
Une issue imprévisible

Par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)

Les élections présidentielles françaises qui vont avoir lieu le 23 Avril pour le premier tour et le 7 Mai 2017 pour le second tour ont connu plusieurs rebondissements qui rendent l’issue imprévisible à ce jour (7 Février 2017).
Les élections des primaires de la droite et du centre ont vu la victoire le 27 Novembre 2016 de François Fillon ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Son programme libéral conservateur qui est censé être radical a plu à l’électorat de la droite et du centre qui l’a élu avec une majorité confortable de 66,5% contre Alain Juppé. Cependant, sa proposition de réforme de la sécurité sociale lui a valu beaucoup de critiques. Plus grave a été le Pénélopegate qui a touché sa famille, sa femme et ses enfants ayant été accusés de bénéficier d’emplois fictifs de sa part. Alors qu’il veut « tenir bon », les sondages ne le donnent plus gagnant sur le second tour, et des voix parmi sa famille politique lui demandent de se désister au profit d’un autre candidat pour représenter la droite et le centre. Cependant, il a présenté ses excuses aux français le 6 Février 2017 et il semble que le plan B a été abandonné.

Quant à la gauche, il faut tout d’abord rappeler que François Hollande a exprimé le 1er Décembre 2016 sa décision de ne pas se représenter aux élections présidentielles. Suite à quoi, des primaires de gauche ont eu lieu du 22 au 29 Janvier 2017 qui ont vu la défaite d’Emmanuel Valls et la victoire de Benoît Hamon. Ce dernier qui est à la gauche de la gauche a proposé sa mesure phare : le revenu universel dont bénéficieraient tous les membres de la population française. Cependant ce n’est pas le seul candidat de la gauche, puisque Jean-Luc Mélenchon de la « France insoumise » compte également se présenter aux élections présidentielles.
Pour ce qui est de l’extrême droite, il n’y a pas eu de primaires, et c’est Marine Le Pen qui va se présenter aux élections présidentielles. Ses idées principales tournent autour de la défense de l’identité et de la priorité nationale. C’est ainsi qu’elle propose la suppression du droit du sol, la limitation du solde annuel de l’immigration à 10.000, l’expulsion des criminels et délinquants étrangers, et l’éradication du terrorisme en brisant les réseaux fondamentalistes islamistes. Elle veut organiser un référendum sur la sortie de la France de l’Union européenne pour rétablir les frontières nationales et la monnaie nationale, et instaurer le protectionnisme. Sur le plan externe, elle préconise la sortie de la France du Commandement intégré de l’OTAN, et le renforcement de la puissance militaire en portant le budget de la défense à 2% du PIB puis à 3% en fin de quinquennat.
La candidature aux élections présidentielles d’Emmanuel Macron est aussi à considérer d’une manière sérieuse. Ministre de l’économie en 2014 dans le gouvernement Valls, il fonde en 2016 son mouvement politique « En marche », démissionne de ses fonctions de ministre, et annonce sa candidature à l’élection présidentielle le 16 Novembre 2016. Il refuse de participer aux primaires de la gauche en 2017, et entend dépasser le clivage gauche-droite. Il préconise des mesures considérées comme « de gauche » et d’autres de « droite », et a recours à une rhétorique anti-système. Il n’a pas encore présenté de programme précis, mais a marqué son attachement à l’Union européenne et à la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il est perçu comme une manifestation de la demande de renouvellement du personnel politique.
Valeur d’aujourd’hui, il est impossible de prévoir les résultats des élections présidentielles françaises qui ne seront connus que le soir du 7 Mai 2017. Une chose est presque sûre selon touts les sondages, est la présence de Marine Le Pen au second tour. Son concurrent serait soit François Fillon, soit Emmanuel Macron, soit un candidat de la gauche. En tout cas, ce qu’il faut souhaiter, c’est l’élimination de Marine Le Pen au second tour, car le début de la présidence de Donald Trump aux Etats-Unis a montré les nuisances et les méfaits de tout candidat de l’extrême droite.

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