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INTERVIEW ACCORDEE AU SITE AMERICAIN
MOROCCO WORLD NEWS

Par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)

1. La réadmission du Royaume du Maroc à l'Union africaine demeure l'un des événements marquants du Maroc. Comment pensez-vous que ce retour va affecter le conflit du Sahara occidental ?
* En effet le retour du Maroc à l’Union africaine après trente trois ans d’absence est un événement important. Les adversaires de notre intégrité territoriale notamment l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Nigeria ont profité de l’absence du Maroc pour se servir de cette institution africaine pour contrecarrer la récupération de nos provinces sahariennes. Maintenant, le Maroc va pouvoir défendre sa position dans la question du Sahara à l’intérieur de l’Union africaine.

2. L'une des principales raisons pour lesquelles le Maroc retire son adhésion à l'Organisation de l'unité africaine (connue aujourd'hui sous le nom d'Union africaine) en 1984 a été de protester contre la reconnaissance et l'admission de la soi-disant «République sahraouie» en tant qu'État membre, mais la République sahraouie est encore reconnue comme un membre de l'UA aujourd'hui. Le Maroc a-t-il réalisé que traiter le conflit du Sahara Occidental à partir de la plate-forme de l'UA est très efficace ? Comment ?
* Le Sahara étant en Afrique, l’Union africaine joue un grand rôle dans cette question malgré que c’est l’ONU qui est chargée de trouver une solution admise pour les deux parties. Aussi, il est important que le Maroc soit retourné à l’Union africaine malgré l’existence de la RASD.

3. Malgré le rejet de ces réclamations par le ministère marocain des Affaires étrangères, certains commentateurs soutiennent encore qu'en signant l'Acte constitutif de l'Union africaine, le Royaume du Maroc a implicitement reconnu la République sahraouie comme Etat membre de l'UA et a reconnu les frontières marocaines qui n'incluent pas le Sahara occidental. Y a-t-il une vérité à ces affirmations à la lumière du droit international et des relations internationales ?
* La reconnaissance d’un Etat est une procédure formelle où un Etat reconnaît un autre Etat avec échange d’Ambassadeur. Il y a plusieurs organisations internationales comme l’ONU ou l’Union pour la Méditerranée où les pays Arabes figurent sans reconnaissance de l’Etat d’Israël. Dans l’Union africaine même, plusieurs membres ne reconnaissent pas la RASD.

4. Quelle est votre analyse du retrait du Maroc de la zone de Guerguerat ?
* A la demande du Secrétaire Général de l’ONU le Maroc a décidé de retirer son armée de Guerguerate pour empêcher une confrontation avec les éléments armés du Polisario, qui risque de se transformer en conflit régional. Il appartient maintenant à l’ONU et à sa mission au Sahara la Minurso de faire déguerpir de cette zone les militaires du Polisario.

5. Passons à un autre sujet, les États-Unis, comment voyez-vous et expliquez-vous les politiques étrangères du président Trump, et quel impact pourraient-elles avoir sur le monde ?
* La politique du Président Trump risque de perturber gravement les relations internationales. En s’attaquent à la Chine et à l’Union européenne, il risque de déclencher une guerre commerciale planétaire. Ses mesures contre l’immigration mexicaine vont altérer les relations entre les deux pays. Sa volonté d’interdire l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays musulmans va à l’encontre des intérêts des Etats-Unis et des pays musulmans. Enfin l’augmentation du budget militaire des Etats-Unis qui est déjà très important, risque de créer une tension préjudiciable à la paix dans le monde.

6. Dans votre avis d'expert, comment voyez-vous les relations maroc-américaines sous l'administration Trump ?
* Le parti Républicain a toujours eu de bonnes relations avec le Maroc, le considérant comme un allié stratégique en Afrique et au Moyen-Orient. De plus, le Président Trump a considéré le Polisario comme une organisation terroriste. Aussi, je pense que les relations tant politiques qu’économiques entre le Maroc et les Etats-Unis resteront bonnes.

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