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Le commerce mondial en 2020 et les perspectives 2021
Cas du Maroc

Par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)

Le monde a été frappé en 2020 par une pandémie du Covid-19 qui a imposé un confinement total ou partiel d’une majorité de la population. Ce confinement a paralysé la plupart des entreprises, entraînant une baisse de la production et de la croissance mondiale. Par manque de vaccins contre le Covid-19, les Etats ont lutté contre la pandémie par des mesures de prévention, et des traitements médicaux qui se sont avérés quelques fois inappropriés. D’où de lourdes pertes humaines et une baisse des échanges internationaux.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) avait prévu en Octobre 2020 une baisse de 9,2% du commerce mondial de marchandises en 2020. Cependant, la mise en œuvre de nouveaux vaccins en Novembre 2020 a donné plus de confiance aux entreprises et aux consommateurs. C’est ainsi qu’au second semestre 2020, la croissance de la production a été plus rapide que prévu, grâce à des interventions gouvernementales de grande ampleur et d’importantes mesures de relance budgétaire, notamment dans l’Union européenne et aux Etats-Unis. En outre, la lutte contre le Covid-19 a été plus efficace en Chine et dans d’autres pays asiatiques, ce qui leur a permis de continuer à maintenir leurs échanges commerciaux. Ces éléments ont contribué à soutenir la demande mondiale, et ont fait que finalement la baisse du commerce mondial de marchandises n’a été que de 5,3% en 2020.
Pour 2021, l’OMC a fait de nouvelles estimations prévoyant une progression de 8% des échanges commerciaux de marchandises, alors qu’elle ne tablait auparavant que sur une rebond de 7,2%. Cependant, ces prévisions optimistes sont conditionnées par une réduction des disparités régionales, une augmentation du commerce des services qui restent faibles, et par des calendriers de vaccination qui ne prennent pas de retard. C’est l’évolution de la pandémie du Covid-19 qui constitue la plus grande menace pour les perspectives commerciales, soit au niveau de l’apparition de nouveaux variants, soit par le retard de vaccination des pays pauvres.
Le Maroc comme les autres pays a été impacté par la pandémie du Covid-19 à partir de Mars 2020 et a subi également un confinement total ou partiel au cours de l’année. Les entreprises tournées vers le commerce extérieur ont vu leurs activités baisser, soit par fermeture, soit par manque de matières premières et de moyens logistiques, soit par manque de clients.
Au niveau du commerce des marchandises, et comparées à l’armée 2019, les exportations (-7,5%) ont moins souffert que les importations (-14,1%). Le taux de couverture s’est amélioré : (62,4%) en 2020 contre (57,9%) en 2019. Toutes les exportations ont baissé en 2020 sauf les phosphates et dérivés (+3,7%) et l’Agro-alimentaire (+0,7%). Toutes les importations ont également baissé sauf les produits alimentaires (+15,7%) constitués de blé et d’orge suite à la mauvaise compagne agricole 2019/2020.
Au niveau des services, les exportations (-30,1%) ont plus baissé que les importations (-29,1%). Ce sont les recettes du tourisme qui ont le plus baissé puisque l’excédent de la balance voyages a baissé de 55,3%, alors que les transferts des RME ont progressé de 5%. Le flux net des investissements directs étrangers au Maroc a progressé de 1% et le flux net des investissements directs marocains à l’étranger a baissé de 53,8%. Au niveau des biens et des services les importations ont baissé de 16,5% et les exportations de 15,9%. Pour 2021, Bank Al Maghreb prévoit une croissance de (+5,3%) grâce à la bonne campagne agricole estimée à 95 millions de tonnes de céréales et une valeur ajoutée de (+17,6%). Du fait du plan de relance de 120 milliards de dirhams et l’orientation accommandante de la politique monétaire, il est prévu une croissance de 3,5% du secteur non agricole.
En conclusion, on peut être optimiste aussi bien pour la croissance du commerce mondial que celle du commerce extérieur marocain en 2021, à condition que la situation épidémiologique n’empire pas par l’apparition de nouveaux variants du virus Covid-19, et que la vaccination continue dans de bonnes conditions.

CHRONIQUES HEBDOMADAIRES DE l'IMRI

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