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Halte au nettoyage ethnique des Rohingyas

Par Jawad KERDOUDI,
Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)

Les Rohingyas sont des musulmans de l’Arakan, province de l’Ouest de la Birmanie appelée maintenant Myanmar. C’est une minorité d’environ un million de personnes, alors que la majorité de la population appartient à l’ethnie des Bamars de religion boudhiste. Les premières Rohingyas ont habité sur place depuis le IXème siècle, et d’autres populations sont arrivées plus tard du Bangladesh au XIXème siècle à l’époque de la colonisation britannique. Après l’indépendance de la Birmanie en 1948, les persécutions des Rohingyas ont commencé, considérés comme des intrus et des immigrés. C’est surtout la loi de 1982 prise par la junte militaire qui prive les Rohingyas de la citoyenneté, et en font des apatrides à l’intérieur de la Birmanie.

Devant cette situation et afin de défendre leurs droits, les Rohingyas ont constitué l’ARSA : Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan. Le début des troubles a commencé le 25 Août 2017 par l’attaque de l’ARSA de plusieurs poste-frontières birmans, équipés de simples machettes et couteaux. La répression de l’armée birmane fut féroce, avec des exactions barbares et des incendies de villages. L’ONU évoque 800 morts parmi les Rohingyas, et près de 400.000 se sont réfugiés dans des conditions désastreuses au Bangladesh dont 200.000 enfants et 1.128 orphelins.
La Birmanie est soupçonnée par l’ONU de mener un « nettoyage ethnique » dans cette région de l’Ouest du pays. Le Secrétaire général de l’ONU a appelé la Birmanie à suspendre ses opérations militaires contre la minorité Rohingya. Le Parlement européen a demandé à son tour à l’armée birmane de cesser immédiatement ses violences contre les Rohingyas. Tandis qu’une manifestation a eu lieu à Paris Samedi 16 Septembre pour réclamer la fin des violences de l’armée Birmanie et l’intervention de la communauté internationale pour protéger cette communauté. Pendant ce temps le prix Nobel de la Paix AUNG SANG SUU KYI, ministre Birmane des affaires étrangères est restée silencieuse et a promis de faire une déclaration le Mardi 20 Septembre.
On ne peut que condamner avec la plus grande vigueur l’attitude du gouvernement Birman vis-à-vis de la minorité Rohingyas, causant une des plus grandes catastrophes humanitaires du XXIème siècle. Le plus urgent, comme l’a fait le HCR et le Maroc, est d’apporter une aide matérielle immédiate aux 400.000 réfugiés Rohingyas au Bangladesh. Il faut multiplier les pressions sur la Birmanie pour arrêter les violences, et rétablir les droits des Rohingyas en tant que citoyens à part entière du pays, étant donné qu’ils ne sont que 1 million sur une population de 50 millions.

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