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Positionnement des pays occidentaux
concernant le Sahara marocain

Par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)

Récupéré en 1975, le Sahara marocain a été divisé en 2015 en trois régions : Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Saguia El Hamra, Dakhla-Oued Eddahab. D’une superficie de 335.389 km2 et d’une population d’environs un million d’habitants, les dix provinces du Sud sont de facto marocaines. Toutes les administrations sont représentées dans ces provinces, et les élections aussi bien locales que nationales s’y déroulent régulièrement.

Ces provinces du Sud bénéficient d’un fort développement économique et social. Le 23 Mars 2003 une Agence pour la promotion et le développement de ces provinces a été créée à Rabat puis transférée sur place à Laâyoune en 2014. Le programme 2016-2021 pour ces provinces comprend 700 projets avec une enveloppe budgétaire de 85 milliards de dirhams. Parmi les projets réalisés ou en cours, on peut citer des parcs éoliens, une station de dessalement de l’eau de mer, des barrages, la voie express Tiznit-Laâyoune-Dakhla, la voie de contournement de Laâyoune, l’aménagement des axes routiers Laâyoune-Smara-Tan Tan, le transport international terrestre et maritime de marchandises vers les pays d’Afrique subsaharienne et les Iles Canaries. Outre ces infrastructures, des programmes sociaux sont prévus pour un montant de 1,3 milliard de dirhams, et une enveloppe de 4,5 milliards de dirhams est consacrée à l’investissement des entreprises et établissements publics. Mais le projet phare est le port de Dakhla Atlantique en eau profonde, dont le coût est estimé à 6 milliards de dirhams, et qui sera le pendant de Tanger-Med dans le Sud du Maroc. La construction de ce port a été annoncée le 6 Novembre 2015 par le Roi Mohammed VI et les travaux vont démarrer en cette année 2021. Les investissements étrangers dans les provinces du Sud sont faibles, du fait que « de Jure » le territoire de ces Provinces est considéré comme non autonome par l’ONU, et qu’il est examiné par la quatrième Commission de l’Assemblée générale dont l’ordre du jour est relatif aux questions politiques spéciales et de décolonisation.

Le Maroc qui a apporté toutes les preuves historiques de l’appartenance de ce territoire au Royaume, se bat depuis plus de quarante années pour la reconnaissance de la marocanité de son Sahara. Une grande victoire a été remportée par le Maroc le 10 Décembre 2020 lorsque le Président américain Donald Trump reconnaît la pleine et entière souveraineté du Maroc sur son Sahara. Malgré les tentatives des adversaires de notre intégrité territoriale, le Président Joe Biden n’est pas revenu sur la décision de son prédécesseur. Sans aller jusqu’à la reconnaissance, la France considère que le plan d’autonomie proposé par le Maroc constitue « une base de discussion sérieuse et crédible ». Le Parlement européen de son côté réaffirme, concernant la question du Sahra, sa position fondée sur le plein respect du droit international, des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, et du processus politique conduit par les Nations Unies pour parvenir à une solution négociée, juste, durable, pacifique et acceptable par les deux parties.

Deux Etats occidentaux ont pris une position défavorable pour le Maroc. L’Espagne qui a accueilli sur son sol le 18 Avril 2021 Brahim Ghali, le Chef des séparatistes du Polisario, sous un faux passeport et une identité usurpée, alors qu’il est poursuivi par la justice espagnole depuis 2016. Ceci sans informer le Maroc qui est son partenaire de premier plan sur le plan économique et sécuritaire. Le deuxième pays est l’Allemagne dont le Représentant à l’ONU a demandé une réunion du Conseil de sécurité au lendemain de la décision américaine de reconnaître la marocanité du Sahara.

En conclusion, le Maroc fort des preuves historiques dont il dispose, de la solidité de son front intérieur sur cette question, des réalisations considérables qu’il a entrepris, va continuer à défendre ses droits sur les provinces du Sud du Royaume. Il a adopté une position ferme et pris de mesures de rétorsion sévères chaque fois que son intégrité territoriale est mise en cause. Une première victoire a été remportée par le Maroc suite à la révocation de la Ministre espagnole des Affaires étrangères, la principale instigatrice de l’affaire Brahim Ghali. Le combat va continuer jusqu’à la victoire finale.

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